Un pressage privé de la famille Gao de Mahei, ressuscité par une cave transcontinentale
Au printemps 2001, la famille Gao — connue à Mahei pour ses vieilles plantations et son traitement manuel intransigeant — pressa un tout petit lot de sheng pour sa propre collection. Pas d’emballage de marque, juste un simple papier où le nom de famille était inscrit au pinceau. Environ quatre-vingts galettes furent produites, la plupart conservées dans leur maison du Yunnan, certaines offertes en cadeau. Amgalan Chin rencontra ce thé lors d’un voyage en 2012, alors qu’il retraçait les anciennes routes du thé le long des corridors commerciaux Mongolie–Russie ; il en reconnut immédiatement le potentiel. Il acquit vingt-six galettes directement auprès de la famille, avec l’accord qu’elles poursuivraient leur vieillissement sous sa supervision.
Amgalan fit d’abord transiter les galettes vers un entrepôt sec du Guangdong pour achever leur transformation initiale, puis vers sa propre cave ventilée en Russie, où l’environnement lent et frais révéla les profondeurs résineuses du thé sans pousser la fermentation trop vite. En plus de vingt ans, le thé perdit son mordant juvénile et gagna une texture soyeuse ainsi qu’une complexité riche en camphre, rarement rencontrée en dehors des Yiwu de premier ordre. Aujourd’hui, il ne reste qu’une poignée de galettes, mises en circulation avec des archives complètes de provenance et une documentation photographique trimestrielle depuis 2012.