De Mengsong à la cave sibérienne
Au printemps 2014, un petit jardin familial sur la montagne Mengsong — un lieu de hautes crêtes et de théiers anciens — a produit un lot de sheng qui a attiré mon attention. Les feuilles ont été cueillies sur des arbres à larges feuilles à environ 1800 mètres d’altitude, transformées avec une rigueur simple dans un atelier villageois, puis pressées en galettes de 357g. J’en ai acquis une douzaine dans le cadre d’un lot plus important destiné à ma cave en Bouriatie, où l’air froid et sec de la steppe russe ralentit la fermentation au ralenti. En dix ans, le thé a changé lentement : la jeune morsure verte s’est adoucie en une fine pointe minérale, et les arômes se sont approfondis sans jamais devenir rances. J’ai ouvert cette galette fin 2024 et découvert un thé qui raconte son voyage — vif comme un matin de printemps à Mengsong, mais traversé par la clarté austère d’un long hiver boréal. C’est un sheng qui récompense l’attention silencieuse, et un témoignage de l’importance du lieu, tant de la pousse des feuilles que de leur repos.